Histoire d’une page.

J’aime à penser qu’une planche de bande dessinée c’est comme la vie. En effet, il s’agit de franchir des étapes, des stades. Dans la vie, il y a le stade buccal, le stade annal, le début de la scolarisation, les premiers poils au zizi, la première dent définitive etc… Et bien, pour la bédé c’est un peu la même chose.

Tout commence par le scénario que me donne le scénariste. Et comme recevoir, c’est donner (et reprendre, c’est voler même si ça n’a rien à voir), il faut que je lui renvoie un storyboard, pour qu’on puisse mettre en place une parfaite harmonie, propice au développement de la planche.

 

Le storyboard, c’est encore l’insouciance. C’est un brouillon de travail, alors on essaie des trucs, on cherche la bonne narration, mais niveau dessin pas encore besoin de s’appliquer (qui s’appliquerait sur un brouillon, à part un créateur de paradoxes fou?!!).

Des fois, on se décide pour une grosse contre plongée ou des reflets bizzaroïdes, en se disant, « c’est pas grave, c’est pour le moi du futur qui se coltinera le crayonné!! ».

Le crayonné, eh bien le voilà:

Là, ça devient sérieux. Bien sûr, ce n’est pas encore définitif, on peut encore gommer. Mais bon, il faut mettre le dessin en place, la contre plongée de tout à l’heure, c’est maintenant qu’elle devient concrète. En gros, c’est là que t’en chie et que tu maudis le toi du passé (le connard qui a fait le storyboard). J’aime donc à penser que c’est l’adolescence de la planche.
Ensuite vient l’étape de concrétisation. Du crayonné boutonneux à dégrossir on passe à la version noir et blanc définitive, la planche encrée. Là, plus de gomme, c’est du pour du bon!  Bien sûr, on peut mettre du blanco au cas où (ou de la gouache blanche si on est snob), mais bon, concentration maxxxximmumm. 

Là la planche a environ 25 ans, elle commence à se trouver et à vraiment savoir ce qu’elle veut faire de sa vie…

… et ce qu’elle veut faire de sa vie, c’est être mise en couleur!! Fini la timidité maladive, la planche s’affirme et elle s’assume.

Pour ma part, je colorise sur l’ordinateur, car j’aime à penser que je vis avec mon temps ( et que  je suis nul à la gouache).

Donc voilà, l’histoire d’une planche, l’histoire de la vie, l’histoire universelle par excellence. Mais bon, les analogies ont leurs limites. A l’inverse de l’homme et à l’instar des diamants, les planches, elles, sont éternelles…

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